dans la bulle

J'ai grandi avec le journal de tintin, et à 40 ans suis toujours passionné de BD... souvent déçu de mes lectures, parfois émerveillé.

Je m'amuse à dénicher les clins d'oeil (répertoriés ici A-D - E-I - J-R - S-Z).

Des dédicaces et des tas d'autres trucs...

Allez, bonne découverte.



le livre
du moi

 


le disque
du moi

Boucq, La mort et Lao-Tseu


le montage
du moi


ma Chine à sous


le site
du moi


re-le site
du moi

 

    in progess

 

nathalie

On s'est rencontré grâce aux BD : je m'occupais de la Bédéthèque de l'INRA, elle y venait régulièrement. On s'est pris des fous rires avec "Margot et Oscar Pluche", on s'est régalé des aventures de "Jules". On discutait beaucoup de BD, on aimait à peu près les mêmes choses. Il y avait de l'émotion avec Davodeau, Denis, Cosey... Et tant de choses encore. Ce site, on en parlait depuis que les sites existent.

 Ben voila, il existe à présent. Et ça m'occupe bien, enfin, ça m'occupe. 
   

Vendredi 9 mars 2007

C'est le cycle de Bourgeon qui m'y a fait penser... Tous ces dessinateurs qui ont perdu leur étincelle !!! Certains, c'est à force de ne pas travailler, d'autres, à force de vieillir.

*

Vance est l'auteur de l'archi-connue série XIII. Il faut être bien malvoyant pour apprécier son dessin. A la limite, on ne le voit pas et on se dit qu'il sert bien l'histoire.Il n'apporte pourtant rien à la narration. Vance se réfugie dans les mêmes plans, et son utilisation de la photocopieuse n'est plus à prouver.Les personnages sont figés, n'ont aucune souplesse. Les visages sont assez semblables. Et il ne sait les dessiner que de face et de profil, et c'est tout... Mais Vance était l'auteur de Bruce J. Hawker, de Bruno Brazil... qui étaient de bonnes vieilles séries (je les ai lu gamin, et j'en garde vraiment un bon souvenir, mais le dessin était peut-être pareil pire).

*

Vatine a abandonné le dessin pour diriger un label chez Delcourt. En gros, chez Delcourt, il y a 90% de déchets, et dans son label série B, environ 99% de bonnes grosses daubes.Des dessins à la manga, des couleurs criardes à l'ordinateur, des histoires de SF creuses, des scénarios vides... Une cata ! Son western paru l'année dernière était annoncé il y a des années. Le dessin est hésitant, mal réalisé... Alors que quand même ! Aquablue, Fred et Bob, l'as des astres, c'était plutôt bien ! Mais ! 13 ans sans dessiner, ça se ressent.

 *

Yslaire c'est d'abord Hislaire, le dessinateur des aventures romantiques de Bidouille et Violette. C'est mignon, c'est tendre, c'est bien fait... Yslaire a grandi avec Sambre. Son style éclate, devient merveilleux. Le romantisme retrouve son cadre. Après 4 opus, il se perd dans des aventures sur internet, sans dialogue, avec des textes écrits à l'ordinateur. Son dessin devient très maladroit, les visages n'en sont plus. Sa nouvelle série oscille entre 2 éditeurs, et il revient sur Sambre, 7 ans après le précédent album. L'écart est criant. D'ailleurs, j'ai crié.

 *

Malheureusement, tous les auteurs se perdent un peu. Y compris mon Andréas à moi. On retrouve les mêmes erreurs de mise en place que Paape, son prof. Et son Quintos est sans intérêt... Et Trondheim, dont Lapinot devient verbiage, sans scénario, sans idées (ouf, arrive son Spirou, et ses Petits riens). Je suis souvent déçu par les BD (hein Laurent !). Mais je découvre toujours de bon trucs inconnus, de bonnes surprises. Restent aussi des valeurs sûres (Rabaté).

par Alan
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Mercredi 7 mars 2007

Bourgeon n'est pas un très bon dessinateur. D'ailleurs, on sent que ça ne l'intéresse pas (ses productions sont très rares : un album tous les 3 ans 1/2 ! ). Il préfère imaginer des univers, développer une histoire, faire vivre ses personnages...  Et puis ses procès lui ont fait perdre beaucoup de temps (le premier contre Glénat, qu'il a quitté pour Casterman, et le deuxième, très dur, contre ce dernier, qu'il laisse pour Glénat !!!). Mais c'est un, allez, mauvais dessinateur. Tiens, comme Vatine, Gibrat ou Yslaire, qui à force de ne pas dessiner ont tout perdu, au contraire de Boulet ou Trondheim, qui dessinent comme ils respirent, et ont tout gagné !

Déjà à l'époque des "passagers du vents", où l'utilisation de documentation était flagrante, omniprésente et assez gênante. Il dessine les femmes toutes pareilles, sauf certaines, dont le style est tellement particulier, qu'il n'est pas le sien : juste un tracé d'une photo sur une table lumineuse. Mais cette série, comme "Les compagnons du crépuscule" ont plein d'autres qualités que le dessin. Même s'il reste malgré tout très regardable (faut quand même pas trop exagérer).

Au contraire du "cycle de Cyann". La mise en scène, la mise en page, le dessin : c'est un véritable désastre. Et cette couverture est particulièrement laide... J'aime cependant bien cette série, mais ce dernier tome m'est tombé des mains. Les erreurs sautent aux yeux, le format du livre est trop petit... les quelques critiques de lecteurs ne m'ont pas enthousiasmé... Bref, je ne l'ai pas acheté, alors que j'étais parti pour... Il y a tant d'autres livres à lire ! Et d'autres choses à faire ...

par Alan
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Vendredi 9 février 2007

Voila, aujourdhui j'ai supprimé le lien vers le blog de Larcenet. M'énerve trop. Et puis son site n'est pas si bien que ça. Finalement, ce que j'aime chez lui, c'est quand il imite Blutch.

Non, mais ce qui m'énerve c'est sa réaction vis à vis des critiques. Il ne veut être critiqué que par ses pairs. Ben alors il n'a qu'à vendre des bouquins qu'à eux seuls. Quand je lis un livre, j'ai un avis. Tout bêtement. Il est d'ailleurs peut être bête, mais pas forcément.

En fait, il parle des critiques des lecteurs, qu'on trouve à foison sur la toile. Dans les forums, et notamment dans celui de BDparadisio, où il a tenté de se justifier. Une polémique a enflé, certains lui reprochant de plagier tout le monde (graphiquement, c'est quand même un peu vrai), d'autres criant au génie (c'est un peu exagéré). Depuis quelques mois, des murs y parlent à d'autres murs. Enfin, "parlent" : hurlent, crient, insultent. Plus que Larcenet, ces réactions m'énervent.

C'est que de la BD.

Ouah ! non, je rigole. Mais Larcenet est tout à fait dispensable.

par Alan
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Dimanche 5 novembre 2006

"Un homme est mort" est encore une bonne surprise parue chez Futuropolis, qui, il faut le rappeler est la petite soeur des peu scrupuleuses éditions Soleil (bastons et gros nichons).

Davodeau s'est spécialisé dans les BD-reportages. Chez Delcourt étaient parus "Rural" qui racontait la vie et la lutte d'habitants expropriés au passage d'une autoroute et "Les mauvaises gens", révelant l'engagement de ses parents aux JOC.

Avec Kris, qui l'a aidé pour les recherches documentaires, l'a accompagné lors des repérages et assisté pour la mise en oeuvre du livre, il nous raconte l'histoire extraordinaire d'un film disparu. Le livre raconte l'arrivée de René Vautier, cinéaste militant proche des communistes, dans son finistère natal après des reportages en Afrique du nord et en Ireland. Brest et ses chantiers de reconstruction est en grève. Les ouvriers demandent une augmentation de salaire... La situation est bloquée. Des députés communistes sont emprisonnés et une grande manif se prépare. Vautier ne pourra s'y rendre, il est recherché par les flics, à cause d'un documentaire sur les horreurs déchainées par l'armée française en Afrique. Les flics tirent dans la foule. Un homme meurt.

Vautier va alors réaliser un documentaire sur les chantiers, sur les piquets de grève, sur l'enterrement d'Edouard Mazé. Pour se souvenir, pour montrer partout comment les travailleurs se battent à Brest. Il va réaliser le montage avec les moyens du bord, et enregistrer le poéme d'Eluard "Un homme est mort", en remplaçant 'Gabriel Peri' par 'Edouard Mazé' pour illustrer le film.

Ce film sera projeté 150 fois dans Brest. Il permit aux ouvriers de garder espoir, de rester soudés, d'avoir une vision extérieur de leur mouvement, d'en déceler la portée. Les patrons cédèrent devant ce bloc décidé.

Le film tomba en miette lors de sa projection dans un ciné club à Paris. Il n'existe pas de copie. Il ne reste que des souvenirs. Vautier voulait montrer son film à Eluart, il ne lui diffusa que l'enregistrement de l'interprétation de son poème par Ti Zef, petit ouvrier sans culture "noble". Le poéte fut boulversé.

Le livre, comme le film, est un documentaire militant. On est du coté des ouvriers, et d'ailleurs on ne voit jamais les patrons, juste leur bras armé. Le livre est un documentaire sur la vie en 1950, sur la réalisation d'un film à cette époque. Ce livre est plein d'humanité. Je me rappelle du choc que j'ai eu en lisant "Quelques jours avec un menteur" de Davodeau. C'est, je crois (il faudrait que je me le remette en mémoire) l'un de mes livres préférés. Au travers d'une histoire sans grand intérêt, on découvre des hommes, des relations, l'amitié. C'est le premier livre réellement humain que j'ai lu. Ce livre ci est dans la continuité (après ses loupés parues dans Sang-froid).

C'est un livre indispensable, à bien des égards.

*

A l'occasion de la sortie du livre, un court-métrage de Vautier a été projeté. Il met en scène un cinéaste qui vient d'assister à une scène de racisme ordinaire et au matraquage d'un arabe par deux flics. Il justifie son inaction, d'abord en disant qu'il n'était sans doute pas le seul à avoir assisté à la scène, puis en disant que son âme d'artiste a été prise en otage par cette scène, qu'il a été presque violé, obligé de la voir. Il doit réfléchir... Il va monter un projet, faire son film, dans 3 ans, sans doute 5. Il se confie à sa maitresse. Elle joue le rôle du spectateur, qui met le cinéaste face à ses contradictions, qui l'oblige à se justifier. Et qui se révèle aussi lâche que nous pourrions l'être, enfoncée dans son petit confort.

Vautier joue le rôle du cinéaste parce qu'aucun acteur n'a voulu jouer ce rôle. Ce court-métrage semble avoir été construit sans dialogue écrit. Vautier parle, naturellement, sans s'arrêter, en plan fixe, sans coupure. Il se met véritablement à la place de ce cinéaste. Il met en lumière la différente entre le cinéaste-artiste, proche de son nombril, et le cinéaste-documentairiste, proche de celui des autres.

Picasso à peint Guernica, aucun cinéaste français n'a filmé l'Algérie.

par Alan
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Dimanche 22 octobre 2006

Philippe Squarzoni est un jeune auteur militant. Dire qu'il est dessinateur de bandes dessinées est un peu exagéré, étant donné qu'il est très mauvais gribouilleur, qu'il ne dessine quasiment que d'après photos... Cependant, une BD (mis à part le scénario) n'est pas faite que d'un beau dessin. La mise en page est un élément essentiel. Ses BD le mettent en scène, sont des BD-reportages, comme les derniers ouvrages de Davodeau, dans la lignée de Spiegelman et Sacco.

Une des qualités de Squarzoni est de manier les images, les parrallèles entre diverses situations, très éloignées. Aussi, dans "Dol", on verra apparaitre Charlot, Maître Yoda, Terminator ou Shrek dans notre monde. Mais aussi Chirac et Jospin dans celui de Charlot.

"Dol", de la même manière que ses livres précédents ("Garduno en temps de Paix" et "Zapatta en temps de guerre") est un livre très pédagogique, très instructif, bien documenté. Il s'attache à la période "Raffarin", à la montée discrète des injustices sociales en France. Les médias sont un de ses cibles principales : ils relatent éventuellement les faits, mais ne se projètent pas, ne se posent pas les vraies questions.

J'aime ses livres, parcequ'ils me réconfortent dans mes idées intuitives (partage et humanisme), tout me parait si limpide après leur lecture. Et j'aimerai les faire lire à des gens de droite, qu'ils se rendent comptent enfin !!! Mais je n'en connais pas, ah mais si ! J'ai une tante Balladurienne (n'importe quoi !). Le problème des ouvrages partisans, comme des meetings politique, c'est que les opposants n'y vont pas. Moi le premier. Ces moments ne sont pas des temps de débats.

Ce livre me rassure, on est plusieurs à gauche gauche ! Ouf !

par Alan
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