clins d'yeux et bandes dessinées
J'ai grandi avec le journal de tintin, et à 40 ans suis toujours passionné de BD... souvent déçu de mes lectures, parfois émerveillé.
Je m'amuse à dénicher les clins d'oeil (répertoriés ici A-D - E-I - J-R - S-Z).
Des dédicaces et des tas d'autres trucs...
Allez, bonne découverte.
re-le site
du moi
in progessOn s'est rencontré grâce aux BD : je m'occupais de la Bédéthèque de l'INRA, elle y venait régulièrement. On s'est pris des fous rires avec "Margot et Oscar Pluche", on s'est régalé des aventures de "Jules". On discutait beaucoup de BD, on aimait à peu près les mêmes choses. Il y avait de l'émotion avec Davodeau, Denis, Cosey... Et tant de choses encore. Ce site, on en parlait depuis que les sites existent.
Ben voila, il existe à présent. Et ça m'occupe bien, enfin, ça m'occupe.
La bande dessinée est devenue un livre avec "Tintin au Congo", plus populaire que "Tintin au pays des soviets", jamais réédité. Le directeur du "Petit XXème" l'avait rendu humain en mettant en scène son retour de Russie. Nous sommes en 1930, et Hergé n'a pas beaucoup de collègue, d'ailleurs, dessinateur de BD n'est pas encore un vrai métier.
La génération qui suit, après la guerre, sera influencée par le Maître, notamment les auteurs travaillant dans son studio (Martin, Jacobs, De Moor) ou dans son journal, enfin, celui de tintin (Cuvelier, Laudy, Funken...). N'oublions pas, de l'autre coté de la ligne claire, la bande de Jijé (Paape, Morris, Will, Franquin) qui fera d'autres émules.
De génération en génération, on a commencé à lire "Tintin". Et aujourd'hui encore, des auteurs qui ont été enfants, se rappellent leur premier héros dans leurs propres livres.
Johan De Moor est le fils de Bob De Moor, principal collaborateur de Hergé au studio, créateur de "Monsieur Barelli", de "Cori le mousaillon", repreneur de "Guy Lefranc" de Martin et de "Blake et Mortimer" de Jacobs. Il a surtout laissé ses créations de côté, pour se consacrer à Hergé. Etrangement, Hergé placera à plusieurs reprises Van Melkebeke et Jacobs dans les aventures de "Tintin" et jamais Bob... Bon, et Johan la dedans ? Il a connu Hergé depuis tout petit, a repris Quick et Flupke (en adaptant les planches de Hergé, et en y plaçant à une occasion un tableau de son héros "Gaspard de la nuit"). Il est l'auteur de "La vache" avec Desberg, agent dormant dans une ferme comme toutes les autres. On y trouve des références à "Tintin".

Les deux premières scènes rappellent des scènes vues dans "Tintin en Amérique". Des hommes d'affaires, un peu pressants et renchérissants les uns sur les autres, on en a vu dans cet épisode en Amérique : ce sont ceux qui veulent acheter le territoire des indiens à Tintin après qu'il ait trouvé du pétrole (plus tard, d'autres hommes d'affaires voudront lui acheter l'exclusivité de son reportage en Amérique). Johan a repris le visage de 3 d'entre eux. Le point de départ est la situation, qui a donné l'idée au dessinateur de reprendre une scène équivalente dans une de ses vieilles lectures.
La deuxième scène part du même principe, sauf que le vendeur de journaux est le même, et dans la même posture que dans "Tintin". Contrairement à la première image qui est une recomposition, celle-ci est une copie.
De Moor avait besoin de 3 marins, il en a choisi dans l'univers de la BD : Popeye, Haddock et Corto Maltese. Haddock est utilisé uniquement en tant que marin, sans lien avec son identité (Haddock, dans la vrai vie (?) n'est pas un bandit) ou avec une situation connue.
On trouve d'autres références au monde d'Hergé chez Johan De Moor : dans "La vache" #4, parmi des imagettes en bas de page, on découvre la vache déguisée en Tintin, une sirène de bateau fait le "Tooot" traditionnel des albums de Tintin. Dans "La vache" #7, la vache recherche quelqu'un, on lui répond "no sé" à chaque fois... comme dans "Le temple du soleil", lorsque Haddock cherche une trace de Tournesol. Dans le #8, on aperçoit le temps d'une case un Haddock en perdition dans l'espace.
André Juillard est un auteur confirmé (grand prix du festival d'Angoulême en 1996), au style classique. Il a rencontré le succès avec "Arno", en compagnie de Jacques Martin, pilier du studio Hergé. Il a réalisé "Les 7 vies de l'épervier" et "Plume aux vents", son prolongement, avec Cothias. Il reprend en alternance avec Benoit les aventures de "Blake et Mortimer " de Jacobs.
Dans le premier tome de "Plume aux vents", Ariane a les yeux dans le vide... Elle ne réalise pas qu'elle est assise à la table de célèbres aventuriers. Et page suivante, à bord d'un navire, elle rencontre Hippolyte Beurré d'Amamis, qui a les traits du professeur Hippolyte, ami gigantesque de Tournesol, dernière victime des "7 boules de cristal".
Miss Sneek, agent brittanique à la solde du KGB, se rend dans un restaurant, à la devanture similaire à celle du "Klow" dans "Le sceptre d'Ottokar". Dans cet album, Tintin y suit un agent syldave. Ce lieu reste un repaire d'espion. Le garçon est le même que chez Tintin. Comme pour les hommes d'affaire de De Moor, la situation similaire a provoqué ce téléscopage.
On trouve d'autres (rares) clin d'oeil dans son oeuvre. Dans le n° spécial Rythm n' bulles de (A suivre) en 1986, Juillard appelle son chef d'orchestre Herbert Von Kara(boud)jan, du nom du célèbre bateau de Haddock, et de son félon second Allan.
Dans "Les 7 vies de l'épervier", la reine, avec ses accents italiens, cherche le roi dans le parc, au milieu des roses, comme la castafiore avec Haddock à Moulinsart (dans "Les bijoux de la Castafiore"). Dans la même série, un personnage endormi avec sa pipe brûle sa barbe, comme Haddock dans "Coke en Stock". Ces clins d'yeux ne sont pas évidents, il s'agit sans doute de l'effet "à force de chercher, on trouve" : ils ne sont peut être pas volontaires...
La chat #12 p48
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