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le livre du moi

 

 
"Quand on lit une BD de Pascal Rabaté... le silence qui suit, c'est encore du veau..."
Pascal RABATE



 un livre à suivre

 

pas avant le 12 mars 2010
 

lecture

Samedi 14 novembre 2009
Bastien Vivès ! J'ai toujours du mal à me faire une vraie opinion ! Bon, pour amitié étroite, un peu moins : je suis déçu. Je trouve que c'est un dessinateur exceptionnel, qu'il tente des trucs (le coup des floutages est malgré tout, je me suis forcé, un ratage), qu'il retranscrit parfaitement les silences, les moments...
Mais son propos ! Des ados insupportables avec leurs petits soucis d'ados, leurs pauvres coucheries, leurs sms... On passe à coté du sujet, qui est cette vieille amitié chaste... qui bascule... vers rien. Alors, attendons encore.

La fin du monde est l'allégorie de la fin d'un monde de notre héroïne. Son père sombre dans le coma alors qu'un terrible secret familial lui a été caché depuis son enfance, le diable arrive chez elle et la ville sombre sous un déluge. Ca commence fort.
On ne comprend pas tout, en particulier la présence de la vieille sorcière aux chats. Ce récit suisse est à rapproché du Pachyderme de Peeters. Ca m'a laissé le même goût d'insatisfaction. Du sujet en or, un peu terni par un amalgame boueux.
Tirabosco fait son Tirabosco sans surprise : c'est très beau.

Tanquerelle m'a surpris. J'en étais resté sur La communauté (arg : l'horreur !) mais ici tout est merveilleux : les tronches, les glaçons, les contes...
Je n'ai pas (encore) lu l'oeuvre de Jorn Riel, et ne peux juger de l'adaptation. On y sent une certaine loufoquerie, un petit décalage en demi-mesure, genre humour british, mais c'est danois. Le lieu veut ça : mais le huis clos passe mal parfois (la séquence de racomodage avec Bjorken et Lasselille est looooooongue). Le tatoueur, le vendeur de rêve...
Vraiment : une bonne surprise !
 
 
Mais globalement, pour être honnête, ces trois bouquins sont plutôt de qualité. Même si c'est La vierge froide qui décroche le pompon.



Sinon, j'ai lu Lettres d'Agathe de Ferlut, chez Mirages. J'ai fait le parrallèle avec Eva aux mains bleues de Dethan. Une femme raconte ses souvenirs d'enfance. Ici, c'est très dur, triste. Mais c'est très émouvant. Un récit très bien construit, qui nous prend en témoin... avec une tension, un mystère qui s'éclaircit, qu'on n'attendait pas (la beauté du bouquin ne lui doit rien). A lire !! (même si je ne suis pas fana des dessins, ni des couleurs !).

Transat de Picault : j'avais peur de lire une BD de bloggeuse (sa vie folle à Paris, ses bobos, son nombril), mais elle prend le large. Ce qui sauve le livre, qui est une (jolie) petite promenade.

D de Maiorana et Ayroles : trop classique, trop lu... pas l'humour de Garulfo ni la finesse de De cape et de crocs. Et le dessin est tout raide ! Z'en avaient fait un tel foin à sa sortie !!

Le sourire du clown : mais quel intérêt ?? 

Witness 4 : chuis pas la cible.
 
Par Elouarn Blade
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Vendredi 6 novembre 2009
Martin Veyron est le héros de son dernier bouquin.

Du coup, pour la première fois, il nous parle de lui, et de ce qui nous intéresse ici : son métier, et sa place dans son monde.
Déjà, il semble vouloir dessiner pour des vieux... en gros des gens de son âge.

 
Il se pose la question de la place de la BD, en particulier dans le monde gros bourgeois qu'il occupe : au mieux c'est du mépris, quelquechose d'extravagant... au pire une aberration.


Et puis le démon du ciné, d'une voie plus élégante et respectable, pointe toujours son nez.


Veyron est un dessinateur qui ne s'assume pas. Au contraire du gros cochon qu'il est. Comme quoi.
Alors, je crois que ça y est : on l'a perdu pour la BD !
 
Par Elouarn Blade
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Vendredi 6 novembre 2009
Le bouquin de Cabanes est palpitant. Les histoires et manipulations politico-truanesques sont un petit peu compliquées, mais on lit le livre au coeur de l'aventure : pas à pas, avec un dénouement qu'on devine au loin, mais pas tant que ça. Ce livre me réconcilie avec Cabanes, après la suite inutile et hermétique de Dans les villages (qu'était vachement bien). Y a plus qu'à attendre le tome suivant.

Mauvais garçons tombe au mauvais moment : il arrive après Rébétiko, et vraiment, il ne soufre pas la comparaison ! C'est hyper décevant ! Et puis ça cause flamenco, et c'est horripilant. Mais pour être honnête, en laissant Prudhomme de côté, ce livre est une aventure sympathique, une histoire d'amitié... qui va basculer... Le tome suivant est paru 1 mois plus tard, il est là, à coté de moi... pas encore lu. Le dessin malgré tout manque de finition... Comme quoi, se chercher un style pour se différencier absolument n'est pas toujours de bon aloi.

Montellier ne va pas au fond des damnés de Nanterre. C'est un boulot de journaliste, qui nous remet en mémoire les faits, 10 ans après. Elle ouvre de nouvelles pistes, étrangement laissées de coté... et on n'est pas loin de ces théories du complot, qui m'agacent toujours autant. Chantal Montellier nous laisse avec cette histoire, sans vraiment prendre une position claire... on la devine, mais j'aurai aimé l'entendre. Chris = Chantal non ? Et puis parce que la question qui me trotte dans la tête depuis toujours est jusqu'où peut aller l'engagement d'extrême gauche.
Grâce au bouquin, on peut se faire une autre image de cette damnée, dont les médias se sont emparés comme ils savent si bien mal le faire, et que la justice a sacrifié.
 


Je n'avais jamais lu de Lucha libre ! Ca a l'air d'être un truc à la mode, alors comme je ne veux pas mourir, idiot, j'ai acheté un n° de cette genre de revue. J'ai eu l'occasion de ne pas apprécier Bill et Gobi dans Tchô ! (c'est illisible !) alors qu'ici, c'est plutôt bien fait. Et puis, on trouve Tanquerelle, qu'est définitivement pas un ersatz de Sfar, et c'est tant mieux, et Witko, qu'est une sorte de Wischluss... et pareil.



Achab est une BD de genre... plutôt : une caricature grossière d'une BD de genre. Le dessinateur n'est pas trop à l'aise avec le style réaliste, et ça pose de gros problèmes de cohérence... Le résultat est maladroit, parfois très très maladroit. Le mode de narration est un peu perturbant (je préfère quand on reste avec le même narrateur).
Le coup de l'unijambiste qui se lève toujours du pied gauche m'a quand même fait sourire.

L'album de Veyron n'est pas la suite de L'amour propre. Le personnage principal y avait les traits de Veyron (un fantasme personnalisé du dessinateur), alors que dans Blessure, c'est Veyron, auteur de L'amour propre. C'est un peu moins bien. Il n'y a pas d'histoire, pas de tension, de montée dramatique... Mais surtout, j'ai bien peur de m'avouer que ce qu'il fait est un peu moins bien depuis quelques années maintenant. Ses Bernard Lhermite, mais surtout son Âge ? moyen ! restent mes petits trésors.
 


Miss pas touche ? Non non, c'est bon : plus touche. Cette série n'a aucun intérêt.

Tiens : les chevaliers d'Ythaq non plus. C'est même pire. Rien n'est réussit dans l'histoire d'Arleston : l'intrique, les personnages, les relations qui se tissent... Alors que je suis plutôt amateur du dessin de Floch... A oublier.
 
Par Elouarn Blade
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Vendredi 23 octobre 2009
Au début de notre ballade, nous tombons sur un ami complètement défoncé : Chien. Qui s'est tapé la femme du gros moustachu dans un coin sombre...


Chien en compagnie d'un chien !

Les chiens, très présents dans ce livre, sont le mirroir des hommes (les musiciens sont des vampires de ce point de vue)...



des chiens errant dans les coins sombres, occupés à leurs bas instincts, usés et ne gardant plus grand chose, usés et soumis, voleurs qui joue sournoisement au plus voleur...
 

Chien ira la queue entre les jambes, chercher un contrat, une vie misérable aux stêtes...

J'ai rapproché à un moment ce bouquin de Meteor Slim de Duchazeau... L'histoire d'un musicien de blues, errant, pour qui la musique aussi n'est qu'un instant, et ne peut devenir objet. Mais bon, à part cet aspect du livre, cette idée de la culture et de la consommation, ce livre m'avait bien déçu (malgré un dessin que j'apprécie).

Non : la valeur sûre, c'est Rébétiko de Prudhomme !
L'album de l'année, ça va sans dire.
 
Par Elouarn Blade
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Mercredi 14 octobre 2009
J'aurais voulu vous mettre ici des dizaines d'images, des planches entières... alors que ce qu'il faudrait que je mette, c'est la musique que j'ai entendu, fruits des guitares aux noms exotiques. D'ailleurs, c'est vrai que le bouzouki ressemble à une figue.
Et c'est là toute la magie de Prudhomme : saisir les instants, retranscrire les mouvements avec un naturel tellement évident... si rare en bande dessinée. Ca m'avait fait ça avec La Marie en plastique et Rosa Thuringae, que Rebetiko rejoint au coeur de mes étagères.

David Prudhomme prend le temps.

Rebetiko, c'est ça :


Ce qu'il y a à voir est hors de l'image : c'est souvent de la musique, un peu des odeurs (fortes), de la fumée de hash que fume cette mauvaise graine (et je m'demande pourquoi mon dieu, ça vous dérange que j'fume un peu).

Ses cases sont tellement belles, avec des angles de vue qui sont des points de vue.


 
Je trouve ses choix magiques : touchants et justes. Bon, montrer ici des images, alors que la BD, c'est surtout des planches, c'est un peu bécassou. Mais là, je n'ai pas trop la place... La planche est un espace. Prudhomme y entraine le lecteur dans une danse, peu à peu, quand le gros moustachu tombe un peu la veste. Ou quand la bande de musiciens se jette dans des bagarres de bistrots, ou contre la police d'un état liberticide. La danse des doigts sur une guitare, de la fumée autour des visages... Prudhomme est un véritable chorégraphe.

On suit un bout d'histoire d'un groupe de musiciens qui se retrouvent à la manière des 7 mercenaires, qui jouent avec les flics à la manières d'innocents sales gosses. Le lecteur est plongé au milieu, grâce aux dialogues (et à l'absence de textes descriptifs). Le ton est léger... autour de situations graves, qui se dessinent de plus en plus terribles... On est à l'automne, et ces hommes-fleurs sont anachroniques : la liberté n'est plus de saison.

Le ton est léger, et David, légèrement pince sans rire, peut aussi nous flanquer un gag à la Johan & Pirlouit.

Après son complice Rabaté (et Le petit rien), qu'il ne retrouvera finalement pas aux salines d'Arc et Senans, Prudhomme nous livre ici, encore, un chef d'oeuvre.
Un livre habité !

(Sfar a aimé, et ça me fait bien chier).
 
Par Elouarn Blade
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